Marburg – Soirée info sur le procès, 18 juillet 2013, DGB-Haus, Bahnhofsstr.6.

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Tout l’été, la solidarité continue !

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Paris – Film et débat, 29 juin 2013, CICP.

Berlin – Discussion, 14 juin 2013, Café Größenwahn.

Francfort-Preungesheim – Rassemblement devant la prison, 30 mai 2013.

Lisbonne – Là aussi « il y a 1000 raisons de se révolter »

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Barcelone – Action devant le consulat d’Allemagne, mai 2013.

Hambourg – Banderole, 13 mai 2013.

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Berne – Discussion, 11 mai 2013.

Zurich – Discussion, 10 mai 2013.

Fribourg – Discusssion, 9 mai 2013.

Francfort-Preungesheim – Rassemblement devant la prison en solidarité avec Sibylle, 30 avril 2013.

Amsterdam – Soirée info, 19 avril 2013, Joes Garage.

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Santiago, Chili – Banderole de solidarité avec Sonja, Sibylle et Christian, 13 et 14 avril 2013.

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Paris – Action à l’ambassade d’Allemagne, 10 avril 2013.

ZAD Notre-Dames-des-Landes – Soirée anticarcérale. De Sonja Suder à Marco Camenisch, 15 mars 2013.

Francfort – Expo, discussion, 14 mars 2013, Klapperfeld.

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Barcelone – Discussion, 9 mars 2013, Ateneu libertari del Casc Antic.

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Barcelone – Expo et discussion, 15 février 2013.

Cracovie – Là aussi ! Février 2013.

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A Francfort comme partout ailleurs, feu à toutes les prisons !  31 décembre 2012.

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Francfort-Preungesheim – Rassemblement devant la prison, 14 décembre 2012.

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Berlin – Bus de solidarité, 14 décembre 2012.

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Bochum – Discussion, 30 novembre 2012.

Karlsruhe – Soirée info, 24 novembre 2012.

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Francfort-Preungesheim – Rassemblement non-mixte devant la prison des femmes, en solidarité avec toutes les prisonnières, 24 novembre 2012.

Rostock, Greifswald et Neubrandenberg – mini-tournée infos et discussion, 19, 20 et 21 novembre.

Série d’expos d’affiches de solidarité avec Sonja et Christian

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Paris 11e – Repas, soirée de solidarité, 18 novembre 2012 20h, CICP, 21ter rue Voltaire

Genève – Expo, du 16 au 18 novembre 2012, Monstre Festival, l’Usine

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Genève – Discussion, expo, du 25 octobre (discussion 20h) au 14 novembre 2012. Le 13 novembre, infokiosque à 16h et projection « Des terroristes à la retraite » à 19h. Local autogéré Nadir, 8-10 Passage Baud-Bovy

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Paris 20e – Discussion et expo, 23 octobre 2012, CNT rue des Vignolles.

Lille – Expo, à partir du 13 octobre 2012, L’Insoumise, 10 rue d’Arras.

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Paris – Visite impromptue à l’ambassade d’Allemagne, 7 octobre 2012.

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Ganges – Discussion, repas, expo, du 25 septembre au 2 octobre 2012, Café du Siècle

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Genève – Discussion, expo, proj et repas, du 19 au 21 septembre 2012, Maison de quartier de la Jonction

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Francfort – Soirée info et rassemblement pour le début du procès, 20 et 21 septembre 2012.

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Lausanne –  Expo, les 15 et 16 septembre 2012, Convention d’éditions indépendantes, théâtre 2.21

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Hambourg – Maxi-affiche sur le Rote Flora, septembre 2012.

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Thessalonique et Athènes – Action devant les Goethe Institut, septembre 2012.

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Athènes, quartier Exarchia, septembre 2012.

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Lille – Discussion et expo, le 8 septembre 2012 à L’Insoumise, rue d’Arras.

Francfort – Manif devant la prison, 7 juillet 2012.

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Stuttgart – Soirée info, 29 juin 2012, Linkes Zentrum Lilo Hermann.

Hamburg – Soirée info, Rote Flora, 11 juin 2012.

Paris – Cabaret italien, 27 mai 2012.

Cologne – Soirée info, 8 mai 2012, AZ Kalk.

Paris – Projection et discussion, 21 avril 2012, espace Louise Michel.

Francfort – Projection et discussion, 11 et 13 avril 2012.

Bruxelles – Discussion à Bruxelles, 3 avril 2012, Acrata.

31 mars 2012 – Banderole de solidarité, manif à Francfort

29 mars 2012 – Soirée info, Berlin, SO 36

19 mars 2012 – Occupation du Goethe Institut de Paris

18 mars 2012 – Banderoles déployées à Francfort

17  mars 2012 Soirée de solidarité, Athènes, squat Skaramangas (Grèce)

17 mars 2012 – Concert de soutien, Halle (All)

17 mars 2012- Rassemblement de solidarité, Francfort, journée contre la répression d’Etat

16 mars 2012 – Soirée de solidarité, Berlin.

3 mars 2012 – Soirée de solidarité, Hamburg (All)

Février 2012 – Affiche placardée à Kiel (All)

15 janvier 2012 – Manif et feu d’artifice devant la prison de Francfort

14 janvier 2012 – Manif de solidarité avec Christa Eckes, Sonja et Christian, Karlsruhe (All)

1er janvier 2012- Banderole de solidarité, manif devant la prison de Berlin-Moabit

Décembre 2011  – Banderole à Wendland (All)

Décembre 2011 – Banderole à Friedrichshain, Berlin.

18 octobre 2011 – Banderole de solidarité, Bielefeld (All)

Winterthur – Soirée info, 17 octobre 2011.

Francfort – Rassemblement devant la prison, 8 octobre 2011.

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Pour lire le blog avec un petit fond musical, cette chanson que nous ne saurions vous traduire !

http://www.verdammtlangquer.org/2013/04/soli-song-1000-grunde-fur-die-revolte/

RÉSUMÉ PROCÈS novembre-février

Publié: février 14, 2013 dans Uncategorized

Après un mois de procès, lors de l’audience du 2 novembre 2012, la citation d’Hermann Feiling à comparaître comme témoin semble devenue une priorité pour la cour. Pour contourner les oppositions que pourraient susciter son état de santé, la juge demande à ce qu’il témoigne par vidéoconférence. Parce que c’est une manière d’esquiver les expertises médicales et de passer outre le danger que comporte une réactivation du traumatisme d’Hermann, la défense la contraint à abandonner cette idée pour un temps.

Dès le 8 novembre, se succèdent alors divers policiers qui ont travaillé sur les dossiers des attaques sur MAN et le château d’Heidelberg. Des audiences tournent au ridicule lorsque certains avouent ne se souvenir de rien (35 ans après, pourrait-il en être autrement ?), que d’autres avouent qu’un dossier leur a été fourni par les services du procureur avant qu’ils se présentent devant le tribunal (pour leur rafraîchir la mémoire et préparer leurs réponses), que d’autres enfin ne sachent pas de qui ni de quoi il s’agit.

Le 18 janvier 2013, après quatre mois de procès, l’audition du « témoin de la couronne » Hans-Joachim Klein commence. Une manif a lieu devant et dans le tribunal, les soutiens présents dans la salle faisant savoir à ce repenti près à balancer n’importe quelle prétendue info pour se faire le chevalier blanc de l’antiterrorisme tout le mal que l’on peut penser d’une telle crapulerie. Lors de toutes les séances, des camarades sont présents pour prendre note de tout ce qui se dit, pour que ce procès inique ne puisse se faire à huis clos. A plusieurs reprises, les contestations du public ont été considérées comme des comportements inappropriés devant la cour. La juge a donc parfois menacé d’amendes, fait évacuer la salle, interdit l’entrée à certaines personnes. Une photocopie des identités des soutiens est systématiquement faite à l’entrée.

L’audition de Klein commence donc dans la tension : pour s’épargner des années de prison, il n’a trouvé d’autre stratégie que d’y envoyer d’autres. Volubile, il répond aux questions de la juge avec un enthousiasme déconcertant et affaiblit largement son témoignage d’un excès d’informations contradictoires. Pour exemple, concernant son recrutement au sein des RZ et les deux personnes présentes lors d’un premier rendez-vous, il lui a été posé les mêmes questions au cours de quatre interrogatoires différents à la fin des années 1990 et lors de son propre procès en 2000, et il n’a jamais mentionné l’existence de Sonja : après avoir cité les noms de deux hommes, il a finalement dit que les personnes présentes au rendez-vous étaient un homme et une femme (dont il a cité le nom). Et ce n’est que plus tard, lorsque la présence de Sonja lui aura été suggérée, après que Sonja et Christian ont été retrouvés en France, que Klein se souvient soudainement qu’il s’agissait de deux femmes et qu’il peut désormais citer le nom de Sonja jusqu’alors inconnu.

Les informations de Klein attendues par le tribunal concernent pour l’essentiel l’organisation logistique de l’action sur l’OPEP à Vienne en 1975. Il est censé établir quels ont été les rôles des différents protagonistes. Le problème étant que ses déclarations sont tout aussi incohérentes et qu’il est contraint d’avouer qu’il « mélange les choses ». Ce qui n’empêche pas la juge, un brin agacée tout de même, de donner du crédit aux éléments qu’il lui plaît de retenir au milieu de ce délire verbal. Les juges, le procureur et l’avocat de Klein s’efforcent tour à tour de le recadrer pour donner un semblant de sérieux à son témoignage. Si l’enjeu est d’estimer la capacité de Klein à se souvenir, la démonstration est faite : il contredit sans cesse ses déclarations passées, dit avoir reconstruit ses souvenirs sur la base d’articles de journaux, renvoie au livre qu’il a écrit il y a 35 ans dont il ne se souvient plus du contenu.

Le 1er février, une demande de libération est donc déposée pour Sonja : elle est maintenue en prison uniquement sur la base de ce témoignage exalté, fantaisiste et incohérent. L’évidence de la détention arbitraire ne suffit pas. La demande est rejetée et Sonja reste en prison.

Le procès contre C. Gauger et Sonja Suder a commencé le 21 septembre 2012 par deux requêtes en récusation des juges déposées par leurs avocats. Six mois plus tôt, une requête en récusation avait été déposée pour dénoncer la partialité des juges qui fondent tout le procès sur les déclarations extorquées sous la torture à Hermann Feiling concernant les actions de RZ, et sur les déclarations du repenti Hans-Joachim Klein concernant l’opération de 1975 sur l’OPEP. Article rédigé par Linter sur la requête déposée par l’avocat de Christian :

Hermann Feiling a été arrêté en 1978 à la suite de l’explosion de la bombe qu’il voulait déposer au consulat d’Argentine. Rappelons que l’Argentine était une dictature où l’on n’hésitait pas à organiser la coupe du monde de football, alors que des milliers de gens y disparaissaient, y étaient torturés. C’était aussi l’époque du Chili, de l’apartheid en Afrique du Sud … De nombreuses mobilisations ont eu lieu à cette époque, mais la coupe du monde a eu lieu envers et contre tout. Rappelons d’autre part qu’Hermann Feiling avait choisi un moment où les locaux étaient vides. C’était une action aux objectifs purement matériels comme il y en avait tant à l’époque. H. Feiling était un tout jeune militant, comme il y en avait aussi tant à l’époque, en Allemagne et dans les pays occidentaux.

Mais on était dans l’Allemagne de Stammheim. Et ce qui s’est passé dépasse l’entendement: et quand on lit la requête de l’avocat de Christian Gauger, on comprend qu’à l’époque tout était possible. Que ceux qui ont des doutes sur les assassinats des militants de la RAF en octobre 1977, lisent ce redoutable document.

Car c’est un homme devenu brutalement aveugle, amputé, relié à des tuyaux pour assurer ces fonctions vitales, que l’on est venu interroger dès le lendemain de l’opération. Feiling a dû en effet être amputé dès son transfert à l’hôpital des deux jambes.On dû lui retirer les deux globes oculaires. L’avocat de Hermann Feiling, Me Stephan Baier a pu à l’époque retracer le timing exact de ces interogatoires. Et la lecture de son témoignage de l’époque est au sens propre intolérable.

C’est un homme retenu illégalement auquel ont été soutirées des déclarations. En effet un mandat d’amener avait été émis, mais jamais exécuté. Hermann Feiling était si réellement libre que le juge saisi d’une requête de Me Maier pour rendre visite à son client, se déclarait pour cette raison incompétent. Hermann Feiling cependant a été retenu à l’hôpital sous surveillance policière totale pendant … quatre mois.

C’est un homme soumis à isolement total que l’on a interrogé si longuement que les procès-verbaux font plus 1300 pages. Isolement total voulu par la police et les services du procureur. Refus d’accorder des visites à des amis, refus de permis de visite à son avocat.

Un homme totalement dépendant des seuls policiers qui iront même et cela est attesté jusqu’à prendre en charge des soins créant une situation totale de dépendance physique et psychologique, et qui ont créé une atmosphère de peur et d’angoisse en lui affirmant que sa vie était menacée.

Un homme aussi totalement désorienté, en état de choc, ayant subi un traumatisme qu’aucun de nous ne peut même  imaginer – comme le souligne Me Baier – qui est ainsi amené à « parler »

Un homme devenu un simple objet pour les autorités, un homme comme le dit Me Baier, dont le cerveau était pillé sans vergogne par les enquêteurs, qui se servaient, pour reprendre ses mots, comme dans un supermarché.

Hermann Feiling, dès qu’il l’a pu est revenu sur ses déclarations et il n’a jamais varié sur cette position. Cet homme devenu si  totalement infirme a eu ce courage. Il a décrit les conditions dans lesquelles il s’était trouvé, il a dénoncé ces conditions comme acte de torture. Et Me Baier est aujourd’hui lui aussi présent pour témoigner toujours avec autant de force de ce qui a appris et vécu à l’époque.

La « justice » allemande à de multiples reprise a commis des experts pour savoir si Hermann Feiling était en mesure de répondre à des interrogatoires (puis plus tard de comparaître)! Etait-ce vraiment nécessaire? Qui peut raisonnablement croire qu’un homme dans une telle situation pouvait avoir son libre-arbitre, au lendemain de telles opérations alors que les effets de l’anesthésie n’avaient même pas pu se dissiper, en état de choc total.

Pourtant, il s’est bien trouvé déjà un médecin pour autoriser les services du procureur à interroger Hermann Feiling au lendemain de l’opération et jour après jour pendant quatre mois..

Et, Il s’est certes trouvé un expert pour penser qu’il n’était pas utile d’examiner l’état psychologique de Hermann Feiling dans cette situation, que la Cour pouvait s’en charger. C’est d’ailleurs l’un des points de la requête de Wolfgang Heierman. Il avait demandé à ce que l’on examine les conditions psychologiques dans lesquelles se trouvait Hermann Feiling à l’époque des interrogatoires à la lumière des recherches sur les traumatismes. Ce qui n’a pas été fait. Mais en fait une seule expertise, réalisée en 1982, permet aujourd’hui la comparution de Hermann Feiling et la recevabilité des interrogatoires.

Le texte de la requête de Me Heiermann va être diffusé largement. Nous en achevons la traduction avec d’autres camarades, en particulier de stopextraditions.

Elle devra servir très rapidement pour contacter tous ceux que nous pouvons: journalistes, association des droits de l’homme, associations sur le handicap,avocats,  enfin tous ceux auxquels nous pouvons penser. Pour etayer nos mobilisations.

Nous devons nous déplacer et rencontrer ceux qui peuvent parler, relayer ce que nous savons, car seule, comme toujours, une pression de l’opinion peut faire reculer les juges.

Pouvons-nous accepter que les déclarations d’un homme grièvement blessé et le mot est faible, en état absolu de choc retenu en toute illégalité pendant plus de quatre mois maintenu dans un isolement total au mépris d’un droit fondamental de tout accusé de répondre en toute conscience aux interrogatoires auxquels il est soumis. Pouvons-nous accepter que ces déclarations servent de base à un nouveau procès ?

En droit, et pour toutes ces raisons, ces déclarations ne sont pas recevables. Elles ne l’étaient pas hier, du temps de Stammheim. Elles ne le sont pas aujourd’hui. Sinon, ce serait bien du côté de l’Etat une justification des méthodes d’autrefois comme le souligne la défense.

Un nouvel automne allemand qui se préparerait dans ce procès contre C.Gauger et Sonja Suder.

linter, le 29 septembre 2012

 

APPEL INTERNATIONAL A LA SOLIDARITÉ

Publié: octobre 22, 2012 dans Uncategorized

Solidarité avec Sonja et Christian !
Après 33 ans d’exil, Sonja Suder (79 ans) et Christian Gauger (70 ans) ont été livrés par la France à l’Allemagne le 14 septembre 2011. C’est en ambulance que Christian a été transporté de l’autre côté de la frontière ! Sonja a été incarcérée dans la prison de Francfort-Preungesheim et Christian dans une prison médicalisée. Alors que Christian est sous surveillance médicale constante depuis un arrêt cardiaque survenu en octobre 1997, il a fallu plus d’un mois avant qu’il ne soit exempté d’emprisonnement pour raison médicale. Il est cependant contraint de pointer deux fois par semaine chez les flics. Sonja est toujours incarcérée à Preungesheim. Elle est certainement la doyenne européenne des détenus en préventive. Leur procès a débuté le 21 septembre 2012 et se déroulera sûrement toute l’année 2013.

La résistance a une longue tradition

Partie intégrante des mouvements de gauche, c’est à partir de 1973 que les Revolutionäre Zellen (RZ, Cellules Révolutionnaires) ont commencé à se confronter à la perspective révolutionnaire en RFA et à chercher de nouvelles formes d’actions militantes et de nouveaux points de départ pour la résistance.
Les RZ, troisième groupe de guerilla urbaine avec la RAF et le Mouvement du 2 juin, ne voulaient pas être une organisation d’avant-garde et agissaient en dehors du mouvement légal de la gauche. L’organisation féministe Rote Zora a vu le jour à leurs côtés. RZ et Rote Zora ont cessé leurs actions au milieu des années 90.
Sonja et Christian sont accusés de deux des douze attaques antinucléaires menées par les RZ. Celle du 22 août 1977 avait visé l’entreprise allemande MAN en raison de son soutien à la fabrication des bombes nucléaires sud-africaines. Dans les semaines suivantes, un second attentat prenait pour cible l’entreprise KSB qui était à l’époque le plus gros fabricant mondial de pompes destinées aux centrales nucléaires. Sonja et Christian sont par ailleurs suspectés d’être les auteurs de l’incendie du château d’Heidelberg du 18 mai 1978 revendiqué par les RZ, incendie qui entendait souligner la contradiction entre la très chic façade touristique d’Heidelberg et la politique de démolition de quartiers entiers ne visant pas autre chose qu’à engranger des profits.

Des déclarations fabriquées de toutes pièces
Pour ces trois chefs d’inculpation, l’accusation s’appuie sur des déclarations attribuées à Hermann Feiling. et fabriquées dans des conditions de torture. Au cours de l’été 1978, un engin explosif destiné à une action des RZ contre le consulat de la dictature militaire argentine à Munich explose sur les genoux d’Hermann. Ce dernier survit à ses blessures, mais il perd la vue et ses deux jambes et souffre de graves brûlures. On lui administre de puissants calmants et antalgiques. Il est placé à l’isolement total, d’abord dans un hôpital puis dans un commissariat. Les seules personnes avec lesquelles il a des contacts sont des flics de la sécurité d’Etat, des procureurs et des juges qui consignent de nombreux éléments dans le dossier d’instruction. Hermann reste pendant 18 semaines dans cette situation d’impuissance absolue et de perception limitée. Les contacts avec ses ami-e-s et un avocat de confiance sont bloqués et manipulés. Après être enfin sorti de l’isolement, Hermann F. a rejeté toutes les déclarations qui lui avaient été attribuées, considérant que ces dernières relevaient de pures constructions et qu’elles ne provenaient en aucun cas de lui.

33 années d’exil
À l’automne 1978, c’est-à-dire un an après « l’automne allemand » et en plein cœur de la chasse menée par l’Etat contre les militants d’extrême-gauche, Sonja et Christian s’aperçoivent qu’ils font l’objet d’une surveillance resserrée. Ils partent alors en voyage en gardant secrète leur destination. Ce n’est que plus tard qu’ils apprennent les accusations portées contre eux. 22 ans après leur disparition, en 2000, Sonja et Christian sont arrêtés à Paris. Entre temps, une accusation supplémentaire est venue s’ajouter aux précédentes : le repenti Hans Joachim Klein s’était subitement souvenu au bout de 24 ans que Sonja aurait transporté à Vienne les armes utilisées pour l’action d’un commando germano-palestinien contre la conférence des ministres du pétrole de l’OPEC en 1975. (Klein avait participé à l’action, mais s’en était rapidement distancié. Avec l’aide de Verts allemands, d’anciens gauchistes et au su des services secrets allemands, il avait vécu en France jusqu’en 1999. Suite à son arrestation correspondant à une volonté politique et d’abondantes déclarations de sa part, il fut condamné en 2000 à Francfort, avant d’être rapidement libéré et gracié. Au cours du procès contre Klein, le tribunal de Francfort avait rejeté les déclarations concernant Sonja, les considérant comme invraisemblables. Pourtant, ces dernières sont reprises dans l’ordre d’incarcération et dans l’accusation visant Sonja).
En 2000, un tribunal français rejetait la demande d’extradition allemande. Sonja et Christian purent ainsi rester en France contre une caution d’une centaine d’euros. En 2007, à l’instigation du correspondant parisien de la police judiciaire allemande (BKA), la justice allemande lance un tout nouveau mandat d’arrêt « européen ». Issu de la modification du droit européen, il est censé être purement formel. Pourtant, la justice française y fait suite en 2010, sous Sarkozy, alors que ce mandat d’arrêt ne présente absolument rien de nouveau sur le fond, et autorise l’extradition.

Pas de deal. Pas de déclaration.
Sonja et Christian sont issus de la gauche des années 60 et 70, époque à laquelle ils s’étaient eux-mêmes engagés contre la taule et la répression. Quand le parquet allemand leur proposa voilà dix ans une dispense de peine et du sursis en échange d’un retour volontaire en Allemagne et d’aveux, ils n’ont pas accepter ce deal. Ils ont toujours refusé toute déclaration. Dans une interview en 2010, Sonja disait : «si tu t’es mis au clair avant : s’il arrive quelque chose, pas un mot, pas une déclaration, alors tu te sens très sûr».
Le parcours de Sonja et de Christian montre qu’il était et qu’il est toujours possible de mener sa vie sans devoir faire carrière ni s’adapter au système dominant. Des « soixante-huitards » comme eux n’ont pas fini chez les Verts, ils ne sont pas devenus des opportunistes, ni des politiciens assoiffés de pouvoir. Rien n’oblige les militants de gauche à sacrifier leur intégrité politique et personnelle n’importe quand sous n’importe quelle contrainte. Si leur extradition et le procès qui leur est intenté étaient et sont menés avec un tel acharnement, c’est parce qu’ils ont toujours refusé de collaborer avec la justice de la sécurité d’Etat.

Le véritable crime?
Comme dans tous les procès politiques, il s’agit de faire passer une résistance légitime pour des actes criminels. Pourtant le véritable crime était bien la militarisation d’un régime raciste et non la résistance militante contre lui, le véritable crime consiste aujourd’hui comme hier dans la destruction de quartiers où il fait bon vivre et financièrement accessibles et non dans l’opposition à la gentrification, le véritable crime était et est le programme nucléaire, non la résistance antinucléaire. Alors que le gouvernement allemand continue jusqu’à aujourd’hui de soutenir les exportations nucléaires des firmes allemandes et alors que pas la moindre entreprise n’a dû rendre des comptes quant à son soutien au régime de l’apartheid, un procès doit être fait à Sonja et Christian pour des actions contre ces crimes après trois décennies.

Liberté et bonheur pour Sonja et Christian !
Leur posture, intègre malgré la grave maladie de Christian et trois décennies passées en exil, mérite le respect et la solidarité internationale de toutes celles et de tous ceux qui s’opposent à la prison, à la justice de la sécurité d’Etat, à la mafia nucléaire, au racisme et à la gentrification. Ce n’est pas un hasard si des banderoles et des tracts distribués dans le Wendland à l’occasion du castor 2011 ont souligné la longue tradition de la résistance antinucléaire depuis les années 70 et appelé à témoigner de notre solidarité envers Sonja et Christian.
Pour une solidarité internationale !

Le 21 septembre, le procès s’est ouvert sur la lecture des requêtes en récusation des juges, déposées par la défense, qui met en cause la partialité des juges. L’un des avocats de Christian s’est concentré sur le fait que le témoignage d’Hermann Feiling a été acquis par la torture et qu’à ce titre aucun débat ne peut avoir lieu sur la base de ces déclarations. L’un des avocats de Sonja s’est quant à lui concentré sur l’irrecevabilité des déclarations contradictoires (et reconnues non fiables lors d’un autre procès) du repenti notoire Hans-Joachim Klein.

1er octobre, deuxième jour de procès. Après lecture du rejet de la requête concernant la capacité à comparaître de Hermann Feiling et l’interrogatoire d’identité, la cour a tenté de lire l’acte d’accusation qui contient des indications erronnées : en effet Gabrielle Kröcher-Tiedemann (aujourd’hui décédée) est présentée comme ayant fait usage de son arme lors de la Conférence de l’OPEP, alors qu’elle a été acquittée en 1990 de ce chef d’inculpation lors de son procès. Cela remet en cause l’acte d’accusation contre Sonja qui est accusée de « complicité » avec cette militante. Grossière manœuvre du tribunal qui suspend la séance.
Puis la séance reprend et Hartmann, avocat de Sonja, demande que ce procès illégal prenne fin et que Sonja soit immédiatement libérée. Un nouvel acte d’accusation doit être rédigé.
Le même jour, la compagne de Hermann Feiling, qui avait été jugée en 1982, est appelée à témoigner. La juge entend distribuer le jugement de l’époque mais la défense s’y oppose, car il influencerait la cour, et en particulier les jurés (qui assistent au procès aux côtés de la cour). La défense remet en cause ce document. Arrêt de la distribution.

5 octobre, troisième jour de procès. Des problèmes pratiques empêchent l’audience : salle inaccessible pour les fauteuils roulants et panne du système de sonorisation (le public est séparé de la salle d’audience par des vitres). L’audience devant être publique, la séance est levée.

9 octobre, quatrième jour de procès. Hermann Feiling est convoqué pour ce jour, mais en raison de problèmes de santé, Feiling n’est pas en mesure de se présenter. La défense avait demandé que soit examinée la capacité à témoigner de Feiling. La cour avait refusé cette demande.

En parallèle, l’idée fait son chemin dans la presse que ce procès n’est pas légitime au vu des conditions des interrogatoires lui servant de base.

12 octobre, cinquième jour de procès. La compagne de Feiling, S., est appelée à comparaître comme témoin. Elle a déjà été condamnée à 18 mois de sursis au début des années 80, sur la base des déclarations extorquées sous torture à Feiling. Par la suite, elle a demandé un nouveau procès, qui n’a jamais eu lieu. Elle refuse donc de témoigner. La cour la menace d’une peine de six mois de prison. La salle réagit vivement à cette menace et se lève. La juge demande un relevé d’identité de l’une des auditrices. Intervention de la police. Un délai d’une semaine de réflexion est laissé à S. pour qu’elle se décide à comparaitre et ne pas être condamnée à de la prison ferme.

16 octobre, sixième jour de procès. Annulé en raison de l’état de santé de Christian.
19 octobre, septième jour de procès. Annulé en raison de l’état de santé de Christian.

Mardi 31 juillet 2012

LA SOLIDARITE EST NOTRE ARME !

Le procès contre Sonja et Christian va vraisemblablement commencer le 21 septembre à Francfort-s/-Main et se déroulera en deux audiences par semaine, les mardis et vendredis.

Le comité de solidarité de Francfort réitère l’appel à des journées internationales d’action à l’occasion du début de ce procès : « Montrez votre solidarité. Nous nous réjouirons de recevoir en particulier dans la semaine précédant l’ouverture du procès tous vos comptes-rendus et photos qui feront part de votre solidarité avec Sonja et Christian sur des banderoles ou flyers déployées et distribués dans chacuns de vos lieux et de vos villes. »

Il est reproché à Sonja et Christian d’avoir appartenu aux Cellules révolutionnaires (RZ) dans les années 1970. Ils ont été extradés de la France vers l’Allemagne en septembre 2011 après plus de trente années d’exil. Sonja se trouve depuis lors en détention préventive, Christian est très malade et, de ce fait, a été libéré.

A Francfort, une soirée est organisée la veille du début du procès, et le premier jour du procès un rassemblement aura lieu devant le tribunal. Le comité de solidarité : « Venez au procès et montrez à Christian et Sonja votre solidarité ! Soutenez aussi notre travail de solidarité à long terme, en venant aux audiences du procès et en relayant la critique ! »

Le 7 juillet a eu lieu devant la prison de Preungesheimer un rassemblement bruyant pour Sonja et Christian. La libération de Sonja et la suspension de la procédure contre eux ont été réclamées. L’incarcération de Sonja durait depuis dix mois lorsque la cour d’appel de Francfort a décidé, au mois de mai, de garder Sonja en détention.

Les raisons avancées pour cette détention

Le tribunal a non seulement jugé qu’en raison de l’âge avancé de Sonja (79 ans), le risque d’évasion est particulièrement élevé, mais il a de plus justifié le retard du procès par le fait qu’il a d’abord dû attendre une expertise sur l’incapacité de Christian à suivre les débats, alors que de telles expertises sont disponibles depuis l’extradition de Christian à l’automne 2011.

Les raisons de la détention prolongée de Sonja ne sont évidemment que prétextes et le report du procès est volontaire : chaque jour que Sonja passe en prison est un jour de détention arbitraire de plus.

L’issue du procès est en effet complètement ouverte et  les preuves sont plus que pauvres. L’accusation ne repose que sur les paroles soutirées à Hermann Feiling dans des conditions de torture et sur les déclarations du témoin principal Hans-Joachim Klein, dont les déclarations dans un procès antérieur des RZ ont été estimées peu crédibles par une autre chambre du même tribunal.

Une manif de soutien est organisée le 21 septembre à Francfort pour le début du procès de Sonja et Christian. Un rassemblement a lieu devant le tribunal de Francfort dès 8h (angle des rues Seilerstrasse et Adenauer-Strasse).

Le 20 septembre, une réunion publique aura également lieu à Francfort au café Exzess, Leipzigstr. 91 (heure à préciser).

Notre solidarité est leur arme. Soyons nombreux !

Le 7 juillet, une manifestation rassemblants camarades allemands et français s’est tenue devant la prison de Francfort où Sonja est détenue depuis maintenant près d’un an. Une centaine de personnes y étaient présentes, autour d’une banderole « Freiheit für Sonja und Christian- Liberté pour Sonja et Christian » et d’un camion sono pour la prise de parole et la diffusion de musique. La manifestation, en faisant le tour de la prison, a pu communiquer avec quelques détenues et placarder des autocollants réclamant la liberté de Sonja.
Comme les autres détenues, elle a pu entendre la manif, mais malheureusement pas la voir puisque depuis sa cellule elle n’a vue que sur un haut mur.
Le lendemain des actions ont eu lieu devant le tribunal et le consulat de France pour faire à nouveau entendre l’exigence de sa liberté.

Sonja reste enfermée !

Publié: juin 9, 2012 dans Uncategorized

Le 16 mai 2012, la Cour d’appel de Francfort a décidé que Sonja ne serait pas relâchée. Selon la loi, les détentions préventives ne doivent pas durer plus de six mois, à moins que l’audience principale ait déjà commencé, ou qu’une raison importante ait empêché le début du procès. Sonja est maintenant en détention depuis plus de huit mois et la cour d’assises n’a toujours pas décidé la date de début du procès. La raison invoquée par les juges allemands est la maladie de Christian !

La cour d’assises prétexte que la défense de Christian a soulevé la question de son incapacité de suivre les débats seulement en mars, et qu’il aurait alors fallu une nouvelle expertise médicale. Pourtant tout le processus d’extradition avait déjà été conditionné par l’état de santé de Christian et les avocats n’ont pas cessé de dire que Christian est dans l’incapacité de se défendre. Dès 2009, la défense avait demandé la levée du mandat d’arrêt contre Christian en conséquence de cette incapacité de suivre les débats. Plusieurs expertises ont été faites et la cour d’assises elle-même en a demandé une en novembre 2011 ! Cela ne l’empêche pas, cinq mois plus tard, de décider de garder Sonja enfermée sous le prétexte fallacieux du manque d’éléments médicaux sur son compagnon.

Les avocats de Sonja veulent maintenant déposer un recours devant le Tribunal constitutionnel fédéral pour la prescription du délai de détention préventive. La cour d’appel de Francfort a évoqué le risque d’une nouvelle cavale pour Sonja : étant donné son âge avancé, il lui semble logique qu’elle essaie de fuir, parce qu’elle est particulièrement sensible à la détention et parce qu’une condamnation l’amènerait à passer une très grande partie du reste de sa vie en prison !

Selon l’avocat de Sonja, Detlef Hartmann, les éléments contre Christian et Sonja sont très minces. Les juges s’acharnent donc maintenant pour anticiper les peines ! Le procès ne devrait finalement pas commencer avant la fin du mois d’août, après les conclusion de l’expertise médicale sur le cas de Christian. Cela fera alors un an de détention préventive pour Sonja !