Appel international à mobilisation DEUX ANS DE PRISON, C’EST DEUX ANS DE TROP !

Publié: août 28, 2013 dans Uncategorized
Le 14 septembre 2013, mobilisons-nous partout pour protester contre la
légitimation de la torture dans le procès de Sonja Suder et pour sa
libération

Le 14 septembre 2011, Sonja et son ami Christian ont été extradés par la
France pour être remis aux flics allemands et emprisonnés. Christian a été
libéré depuis mais Sonja reste en prison. Ils avaient quittés l'Allemagne
en 1978, lorsqu'au lendemain d'une féroce répression des mouvements
révolutionnaires toute personne engagée dans la contestation radicale
pouvait craindre d'être la cible de la vengeance d'Etat.
Depuis deux ans, Sonja est emprisonnée en préventive au quartier de haute
sécurité de la prison de Francfort-Preungesheim ; depuis un an, elle subit
un procès basé sur deux témoignages : l'un obtenu d'un repenti contre une
diminution de peine, l'autre délivré sous la torture en 1978 par un homme
soupçonné d'appartenir aux Cellules Révolutionnaires (RZ). Si le repenti
Hans-Joachim Klein a témoigné sans vergogne devant la cour de Francfort
pour livrer la énième version d'un témoignage rempli d'incohérences et de
contradictions (que la juge trouve bon de retenir tout de même), Hermann
F. a en revanche toujours contesté les éléments figurants dans les
interrogatoires qu'il a subis : ils ne sont que le résultat de quatre mois
de torture hors de tout cadre procédural. Après un très grave accident, il
a été interrogé dès la sortie d'une opération d'amputation de ses deux
jambes et d'énucléation de ses deux yeux. La douleur, le traumatisme, les
médicaments, l'isolement, la confusion, la désorientation ont été
exploités par les flics pour lui faire remplir 1300 pages de déclarations
contraintes. Détenu illégalement dans un commissariat, sans avocat, sans
assistance, soudainement aveugle et lourdement handicapé, ce qu'il a subi
n'a qu'un nom : la torture.
Le 13 août 2013, le tribunal de Francfort a fait procéder à la lecture de
ces comptes-rendus d'interrogatoires subis par Hermann en 1978, et il va
poursuivre cette lecture durant les prochaines audiences. Sonja, à 80 ans,
plus de 35 ans après les faits qui lui sont reprochés, risque d'être
condamnée sur la base de ces déclarations dont l'utilisation est une
légitimation par la justice des pratiques de torture des flics.
Sonja est poursuivie par la police et la justice allemandes depuis la fin
des années 1970. Soupçonnée d'avoir appartenu aux Cellules
Révolutionnaires, son procès concerne trois attaques qui n'ont causé que
des dégâts matériels limités en 1977 et 1978 : contre l'entreprise MAN qui
collaborait à la construction d'armement atomique pour l'Afrique du Sud
(au temps de l'Apartheid), contre l'entreprise KSB qui construisait des
pompes pour les centrales nucléaires ; et sur le château d'Heidelberg
contre la politique de gentrification. Elle est également soupçonnée
d'avoir participé à la préparation logistique de l'attaque contre l'OPEP à
Vienne en 1975.
Aujourd'hui, en lui faisant subir la détention, le procès, la menace de
finir sa vie en prison, l'Etat fédéral ne vise pas seulement Sonja : il
veut liquider une histoire révolutionnaire et imposer avec force l'idée
qu'on ne peut se rebeller impunément. La condamnation de Sonja sera celle
de la révolte : en refusant de se soumettre et de parler, elle continue à
dénoncer l'Etat et sa mascarade judiciaire. Sa condamnation sera aussi
celle de tout mouvement révolutionnaire. L'incarcération de Sonja est un
épouvantail qui doit servir à effrayer toutes celles et ceux qui luttent
aujourd'hui. Ce n'est pas d'une femme de 80 ans dont ils veulent se
débarrasser, c'est de toutes celles et ceux qui auraient, comme elle, la
volonté de ne pas se soumettre.

SONJA DOIT ÊTRE LIBÉRÉE IMMÉDIATEMENT !
POUR UNE MOBILISATION INTERNATIONALE LE 14 SEPTEMBRE 2013 !

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