Sibylle libérée- Hermann toujours menacé

Publié: août 12, 2013 dans Uncategorized

Après un an de procès et deux ans d’emprisonnement pour Sonja, le tribunal de Francfort a enfin dû reculer d’un pas. Lors de l’audience du 6 août, deux points essentiels ont été abordés : la citation comme témoins d’Hermann et de Sibylle.

Depuis le début du procès, la défense tente de faire reconnaître la menace sur l’état de santé d’Hermann (notamment la réactivation du traumatisme) que constituerait sa comparution devant ce tribunal et tente de faire reconnaître l’usage de la torture employée en 1978 pour lui extorquer des déclarations. Pour rappel, Hermann a été interrogé cette année-là durant quatre mois interrompus, dès le lendemain d’une opération d’amputation des deux jambes et d’énucléation des deux yeux, en isolement total, sans l’assistance d’un avocat, et hors de tout cadre légal. L’accusation demande la citation comme témoin d’Hermann pour qu’il réponde sur ces déclarations (qu’il a dénoncées et contestées dès qu’il a pu) : cela signifie la légitimation de ces méthodes d’interrogatoire et la validation de la torture.

Ce 6 août, le tribunal a reconnu que la citation comme témoin d’Hermann pourrait peut-être lui causer des dommages irrémédiables. Pour l’instant la juge renonce à sa citation. Mais elle peut encore décider de nommer un nouvel expert pour prendre une décision définitive. Et surtout, elle peut renoncer à la présence d’Hermann mais utiliser les déclarations de 1978 obtenues sous torture ! Son recul n’est donc qu’une demi-victoire. Le combat pour faire reconnaître l’irrecevabilité de ces interrogatoires de 1978 va se poursuivre. Il faut absolument empêcher une probable lecture des comptes-rendus !

Pour obtenir d’autres informations sur ces déclarations, le tribunal a demandé la citation comme témoin de l’ex-compagne d’Hermann, Sibylle. Parce qu’elle a refusé de témoigner dans un procès qui exploite la torture, le silence de Sibylle a été condamné de quatre mois de prison : le régime du Beugehaft permet en Allemagne d’emprisonner un témoin pour le convaincre de parler ! La détermination de Sibylle a montré que la prison ne suffirait jamais à lui faire participer aux odieux travaux de cette cour : ce 6 août, sa détermination a forcé la juge à prononcer sa libération.

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