Quand le pouvoir médical double le pouvoir judiciaire

Publié: juillet 12, 2013 dans Uncategorized

NON A LA TORTURE – NON A LA CITATION COMME TEMOIN D’HERMANN F.

Hermann a été grièvement blessé et brûlé en 1978. Interrogé dès le lendemain d’une opération durant laquelle il a été énucléé des deux yeux et amputé des deux jambes, séquestré et maintenu à l’isolement durant quatre mois sans mandat d’arrêt par la police, il s’est vu extorquer durant quatre mois des déclarations qu’il a contestées dès qu’il a retrouvé les moyens d’une parole libre.  Dans le procès contre Sonja et Christian, le tribunal prétend aujourd’hui utiliser les 1300 pages de déclarations rassemblées par les bourreaux en col blanc, et veut faire citer Hermann comme témoin.

La juge Stock fait citer Hermann Feiling pour l’audience du 6 août 2013, après qu’un pseudo-expert, sans aucune qualification en matière de traumatologie et qui n’a pas même aperçu Hermann, ait déclaré qu’il était en état de témoigner. Lors de l’audience du 5 juillet, Haag, ce médecin, a dit ne pas avoir consulté les documents relatifs aux opérations subies par Hermann en 1978 (après l’accident qui lui a coûté les deux yeux et les deux jambes). Ils sont pourtant des pièces essentielles du dossier médical. L’absence de qualification, l’absence de consultation et l’absence d’informations n’ont cependant pas empêché Haag de se faire une opinion sur l’état de santé d’Hermann. Devin le médecin ? On en doute fort, surtout lorsque l’on sait l’ampleur des difficultés qu’une telle comparution engendrerait pour Hermann.

La juge refuse aujourd’hui de prendre en compte l’avis émis par une médecin psychothérapeute spécialiste en thérapie des traumatismes psychiques et préfère s’en remettre à l’opinion infondée de Haag, bien plus conforme à ses attentes.

La situation semble incroyable : des déclarations soutirées dans des conditions de torture à un homme très gravement blessé peuvent, trente-cinq ans plus tard, être à nouveau considérées comme des éléments à charge dans un procès. En faisant comparaître Hermann, la cour de Francfort légitime des interrogatoires qui se sont déroulés non seulement sous la torture mais aussi en dehors de tout cadre légal concernant les lieux de détention, l’absence d’avocat, l’absence de mandat d’arrêt.

En convoquant Hermann en plein été, la juge Stock mise sur notre démobilisation. Donnons-lui tort en nous rendant à l’audience du 6 août.

Freiheit

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