RÉSUMÉ PROCÈS novembre-février

Publié: février 14, 2013 dans Uncategorized

Après un mois de procès, lors de l’audience du 2 novembre 2012, la citation d’Hermann Feiling à comparaître comme témoin semble devenue une priorité pour la cour. Pour contourner les oppositions que pourraient susciter son état de santé, la juge demande à ce qu’il témoigne par vidéoconférence. Parce que c’est une manière d’esquiver les expertises médicales et de passer outre le danger que comporte une réactivation du traumatisme d’Hermann, la défense la contraint à abandonner cette idée pour un temps.

Dès le 8 novembre, se succèdent alors divers policiers qui ont travaillé sur les dossiers des attaques sur MAN et le château d’Heidelberg. Des audiences tournent au ridicule lorsque certains avouent ne se souvenir de rien (35 ans après, pourrait-il en être autrement ?), que d’autres avouent qu’un dossier leur a été fourni par les services du procureur avant qu’ils se présentent devant le tribunal (pour leur rafraîchir la mémoire et préparer leurs réponses), que d’autres enfin ne sachent pas de qui ni de quoi il s’agit.

Le 18 janvier 2013, après quatre mois de procès, l’audition du « témoin de la couronne » Hans-Joachim Klein commence. Une manif a lieu devant et dans le tribunal, les soutiens présents dans la salle faisant savoir à ce repenti près à balancer n’importe quelle prétendue info pour se faire le chevalier blanc de l’antiterrorisme tout le mal que l’on peut penser d’une telle crapulerie. Lors de toutes les séances, des camarades sont présents pour prendre note de tout ce qui se dit, pour que ce procès inique ne puisse se faire à huis clos. A plusieurs reprises, les contestations du public ont été considérées comme des comportements inappropriés devant la cour. La juge a donc parfois menacé d’amendes, fait évacuer la salle, interdit l’entrée à certaines personnes. Une photocopie des identités des soutiens est systématiquement faite à l’entrée.

L’audition de Klein commence donc dans la tension : pour s’épargner des années de prison, il n’a trouvé d’autre stratégie que d’y envoyer d’autres. Volubile, il répond aux questions de la juge avec un enthousiasme déconcertant et affaiblit largement son témoignage d’un excès d’informations contradictoires. Pour exemple, concernant son recrutement au sein des RZ et les deux personnes présentes lors d’un premier rendez-vous, il lui a été posé les mêmes questions au cours de quatre interrogatoires différents à la fin des années 1990 et lors de son propre procès en 2000, et il n’a jamais mentionné l’existence de Sonja : après avoir cité les noms de deux hommes, il a finalement dit que les personnes présentes au rendez-vous étaient un homme et une femme (dont il a cité le nom). Et ce n’est que plus tard, lorsque la présence de Sonja lui aura été suggérée, après que Sonja et Christian ont été retrouvés en France, que Klein se souvient soudainement qu’il s’agissait de deux femmes et qu’il peut désormais citer le nom de Sonja jusqu’alors inconnu.

Les informations de Klein attendues par le tribunal concernent pour l’essentiel l’organisation logistique de l’action sur l’OPEP à Vienne en 1975. Il est censé établir quels ont été les rôles des différents protagonistes. Le problème étant que ses déclarations sont tout aussi incohérentes et qu’il est contraint d’avouer qu’il « mélange les choses ». Ce qui n’empêche pas la juge, un brin agacée tout de même, de donner du crédit aux éléments qu’il lui plaît de retenir au milieu de ce délire verbal. Les juges, le procureur et l’avocat de Klein s’efforcent tour à tour de le recadrer pour donner un semblant de sérieux à son témoignage. Si l’enjeu est d’estimer la capacité de Klein à se souvenir, la démonstration est faite : il contredit sans cesse ses déclarations passées, dit avoir reconstruit ses souvenirs sur la base d’articles de journaux, renvoie au livre qu’il a écrit il y a 35 ans dont il ne se souvient plus du contenu.

Le 1er février, une demande de libération est donc déposée pour Sonja : elle est maintenue en prison uniquement sur la base de ce témoignage exalté, fantaisiste et incohérent. L’évidence de la détention arbitraire ne suffit pas. La demande est rejetée et Sonja reste en prison.

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